Mars-avril 2018 : Exposition collective Adverse / Festival Indélibile / Lieu-commun à Toulouse


Quelques photos de l’exposition Adverse autour de De tout bois, ouverte depuis ce vendredi et jusqu’au samedi 28 avril dans le cadre de Festival Indélébile – les 10 ans, à Lieu-Commun, Artist Run Space.

Avec des œuvres d’Olivier Philipponneau, Olivier Deprez, J. & E. LeGlatin, Jérôme Puigros-Puigener, Ronald Grandpey, DoubleBob, Joëlle de La Casinière, Michel Vachey, Robert Varlez, Loïc Largier, Jean-Michel Bertoyas & Léo Quievreux, Barthélémy Schwartz, Claire Nicolet, Autofictions Marquet, L.L. de Mars, C. de Trogoff, Guillaume Chailleux et Loren Capelli.

http://www.lieu-commun.fr/spip.php?article813

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De tout bois (anthologie / collectif) 2018


Collectif (50 auteurs), De tout bois

180 pages n&b et couleurs (+ 3 fascicules, un portfolio et un poster géant), 31 x 42 cm, 70 €, 979-10-95922-18-6 — mars 2018.

Deux ans après la publication de son Manifeste et déjà forte d’un catalogue d’une vingtaine de titres, la maison Adverse prolonge son geste critique et esthétique en embrassant cette fois la création contemporaine en bande dessinée dans sa diversité la plus explosive, par la publication d’une copieuse anthologie réunissant pas moins de cinquante artistes internationaux.
Développant ses axes de recherche (en associant aux auteurs déjà défendus nombre d’invités reconnus ou émergents), Adverse assoit aussi ses affinités électives (Bicéphale, PCCBA, Arbitraire, Hécatombe, Frmk, La 5C, Factotum, etc.), et appuie sa tentative de mise en crise de la modernité en consacrant une large part de son sommaire aussi bien à la poésie graphique des années 1970 qu’à nombre des stratégies transgressives d’aujourd’hui.
Autant marquée par Kramers Ergot, Hôpital brut ou Le Coup de grâce, De tout bois associe dans le même élan pluralité d’approches, considérations formelles, expérimentations éditoriales et perspectives réflexives.
Dans un objet à la hauteur de la démesure de son projet, cet ensemble de contributions vise à établir définitivement la bande dessinée comme territoire de possibles plutôt que comme terrain balisé.

Projet proprement colossal, De tout bois aura mobilisé pas moins de 18 papiers, 3 techniques d’impression, 4 imprimeurs, 2 colles, 2 massicots, 1 plieuse, 1 perceuse, 1 presse de reliure pour embossage, 1 tampon, 1 cutter, du fil, 1400 tubes et vis de reliure, autour d’une dizaine de formats, quelques centaines de kilos de papier et plusieurs milliers de feuilles soigneusement triées, pour un assemblage complexe réalisé par une poignée de paires de mains.

Son tirage de 350 exemplaires (dont 60 exp. hors-commerce) restera unique.

Alexandra Achard, Rosaire Appel, Alexandre Balcaen, Aude Barrio, Sarah Barthe, Al Berto, J.M. Bertoyas, Loren Capelli, Joëlle de la Casinière, Guillaume Chailleux, Thierry Cheyrol, Paul Creus, Tim Danko, Olivier Deprez, Double Bob, Jul Gordon, Ronald Grandpey, Pierrick Gui, Jean-Luc Guionnet, Matti Hagelberg, François Henninger, Olimpia Hruska, Florian Huet, Céline Huyghebaert, Thomas Gosselin, Ben Katchor, Yannis la Macchia, Loïc Largier, J. & E. LeGlatin, Aurélien Leif, Noémie Lothe, Lomé Lu, Judith Mall, Ilan Manouach, Jean-Pierre Marquet, L.L. de Mars, Barbara Meuli, Charles Mieux, Tommi Musturi, Claire Nicolet , Alessandro de Pascal-Kriloff, Thomas Perrodin, Olivier Philipponneau, Sophie Podolski, Jérôme Puigros-Puigener, Léo Quievreux, Samplerman, Barthélémy Schwartz, Alain Simon, C. de Trogoff, Michel Vachey, Mokeït Van Linden, Robert Varlez

Commande chez adverse :
https://adverse.livre-avenir.org/de-bois-anthologie-collectif/

Benjamin Péret dans Siné mensuel


— REVUE de PRESSE —
Dans Siné Mensuel, février 2017.

« Pisser dans les tabernacles,
se branler avec les hosties »

Le plus irrécupérable des dynamiteros surréalistes,
Benjamin Péret, a enfin droSM61-SOMMAIRE-400pxit à une bio du tonnerre.

Grâce à l’ultrajouissif Benjamin Péret l’astre noir du surréalisme du fer de lance de la défunte revue Oiseau-Tempête Barthélémy Schwartz, on apprend plein de trucmuches enivrants sur le poète scandaleux. Péret aimait couler à pic les cérémonies pète-sec. Il savait parler aux généraux (« Ta gueule, tu fais pousser le caca ! »). Il connaissait d’émouvantes prières (« Vierge Marie sur qui je pisse après l’amour, je vous encule. ») Il ne faisait jamais risette à ses congénères trop culs pincés (les poètes-résistants à la Éluard « dissimulant de nouvelles chaînes ») ou trop culs camés (Breton et ses transes mystico-magiques). Il proposait qu’on glisse des peaux de bananes sous les pieds des messieurs lisant le cours de la Bourse, qu’on sème peret-livre-1l’épouvante chez les rupins avec des chants monstrueux, qu’on pende les gendarmes avec des bois de lit. On l’expulsa du Brésil en 1931 pour atteinte à la sûreté de l’État et, pendant la guerre d’Espagne, il s’en alla rejoindre les anars incendiaires d’églises de la division Durruti.
Et si après tout ça, vous n’avez pas envie de courir acheter ou voler le Péret de Schwartz, je ne peux plus rien pour vous.

Noël Godin

Benjamin Péret en mai 68…


« Benjamin Péret a été le parent des convoyeurs de taupes, militants politiques pour la plupart, qui creusent les pistes de la critique sociale à l’écart des bruits culturels, et dont les traces d’existence se réduisent aux non-dits de l’histoire. Le poète surréaliste a partagé avec ces habitués de l’obscurité une commune part d’effacement sociale. Péret pensait que la charge utopique de la poésie véritable s’amenuisait durant les périodes d’atonie sociale mais qu’inversement elle se ressourçait dans les périodes d’agi­tation. Il aurait été heureux d’apprendre qu’en Mai 68 de jeunes Parisiens occuperont le lycée Condorcet en bapti­sant leur salle de débats improvisés : « Benjamin Péret* ». Hommage spontané d’une jeunesse enragée au poète de Je ne mange pas de ce pain-là et de Je sublime. »

Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme, Libertalia, 2016 :
http://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/benjamin-peret-l-astre-noir-du-surrealisme

 

Anthologie « De tout bois » (collectif / éditions adverse)


De tout bois (anthologie / collectif)
Collectif (50 auteurs), De tout bois

180 pages n&b et couleurs (+ 3 fascicules, un portfolio et un poster géant), 31 x 42 cm, 70 €,
979-10-95922-18-6 — mars 2018.

Deux ans après la publication de son Manifeste et déjà forte d’un catalogue d’une vingtaine de titres, la maison Adverse prolonge son geste critique et esthétique en embrassant cette fois la création contemporaine en bande dessinée dans sa diversité la plus explosive, par la publication d’une copieuse anthologie réunissant pas moins de cinquante artistes internationaux.

 

Développant ses axes de recherche (en associant aux auteurs déjà défendus nombre d’invités reconnus ou émergents), Adverse assoit aussi ses affinités électives (Bicéphale, PCCBA, Arbitraire, Hécatombe, Frmk, La 5C, Factotum, etc.), et appuie sa tentative de mise en crise de la modernité en consacrant une large part de son sommaire aussi bien à la poésie graphique des années 1970 qu’à nombre des stratégies transgressives d’aujourd’hui.
Autant marquée par Kramers Ergot, Hôpital brut ou Le Coup de grâce, De tout bois associe dans le même élan pluralité d’approches, considérations formelles, expérimentations éditoriales et perspectives réflexives.
Dans un objet à la hauteur de la démesure de son projet, cet ensemble de contributions vise à établir définitivement la bande dessinée comme territoire de possibles plutôt que comme terrain balisé.

Alexandra Achard, Rosaire Appel, Alexandre Balcaen, Aude Barrio, Sarah Barthe, Al Berto, J.M. Bertoyas, Loren Capelli, Joëlle de la Casinière, Guillaume Chailleux, Thierry Cheyrol, Paul Creus, Tim Danko, Olivier Deprez, Double Bob, Jul Gordon, Ronald Grandpey, Pierrick Gui, Jean-Luc Guionnet, Matti Hagelberg, François Henninger, Olimpia Hruska, Florian Huet, Céline Huyghebaert, Thomas Gosselin, Ben Katchor, Yannis la Macchia, Loïc Largier, J. & E. LeGlatin, Aurélien Leif, Noémie Lothe, Lomé Lu, Judith Mall, Ilan Manouach, Jean-Pierre Marquet, L.L. de Mars, Barbara Meuli, Charles Mieux, Tommi Musturi, Claire Nicolet , Alessandro de Pascal-Kriloff, Thomas Perrodin, Olivier Philipponneau, Sophie Podolski, Jérôme Puigros-Puigener, Léo Quievreux, Samplerman, Barthélémy Schwartz, Alain Simon, C. de Trogoff, Michel Vachey, Mokeït Van Linden, Robert Varlez

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Actualités du surréaliste Benjamin Péret


Sur le site Le Poignard subtil : une présentation de plusieurs livres récents consacrés au poète surréaliste : la correspondance de Benjamin Péret et d’André Breton publiée chez Gallimard (2016) ; Benjamin Péret, Les arts primitifs et populaires du Brésil (éditions du Sandre, 2017), accompagné d’une exposition réalisée à la Halle Saint-Pierre qui se termine le 28 janvier 2018  ; et Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme (éditions Libertalia) :
http://lepoignardsubtil.hautetfort.com/archive/2018/01/07/benjamin-peret-a-la-halle-saint-pierre-quelques-evenements-p-6015030.html

Sur le site En attendant Nadeau : retour sur la publication de la correspondance Benjamin Péret / André Breton chez Gallimard (2016) ; et sur Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme :
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2018/01/23/freres-amis-breton-peret/

Un « ami » de Benjamin Péret


Monsieur Duwa n’a pas apprécié mon essai « Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme » que j’ai publié aux éditions Libertalia en 2016. Il a écrit quelques lignes contre ce livre dans la revue Cahier critique de poésie de Marseille pour le dire :

Extrait 1 :
« L’ambition de cet essai ne se résume pas à reprendre l’intrigue surréaliste depuis ses origines dadaïstes en examinant la spécificité réelle des positions défendues par Péret au sujet des religions, de l’automatisme ou de la lutte révolutionnaire. L’essayiste entend aussi distinguer Péret du reste du groupe surréaliste, voire l’opposer à Breton au plan politique.

Monsieur Duwa est le Monsieur Jourdain du surréalisme. Comme le mot d’ordre du surréalisme était « Transformer le monde, a dit Marx. Changer la vie, a dit Rimbaud. Ces deux mots d’ordre pour nous n’en font qu’un », il suppose que tous les membres du groupe surréaliste mettaient cela en pratique dans leur vie quotidienne de la même manière, et que privilégier l’itinéraire de Péret, c’est forcément opposer Péret au « reste du groupe », voire l’opposer à Breton…

Mais peut-être que Monsieur Duwa préférerait qu’on ne distingue pas trop Péret du reste du groupe justement… Pourquoi ? ça pose problème ?

Extrait 2 :
L’activité militante de Péret depuis son premier séjour au Brésil, durant la guerre d’Espagne ou après son exil au Mexique manifesterait la permanence d’un projet de transformation du monde par ailleurs délaissé par le groupe surréaliste. Mais si ce dernier avait vraiment démérité, Péret l’aurait abandonné sans regret. »

Apparemment, Monsieur Duwa n’est pas sûr que l’activité militante de Péret s’inscrivait dans un « projet permanent de transformation du monde » (il l’écrit au conditionnel). Au passage, cette activité révolutionnaire a été chez Péret continue, débutant avant le premier séjour au Brésil et ne cessant qu’à sa disparition (précisons que Péret n’a pas participé à la « guerre d’Espagne » mais à la révolution espagnole. Si Monsieur Duwa ne voit pas quelle est la différence, rappelons ici ce qu’écrivait en 1937 la surréaliste Mary Low qui était, avec son compagnon Juan Bréa, en Espagne  en même temps que Péret : « Il n’y avait plus grand-chose qui nous retenait à Barcelone. Les milices avaient été dissoutes après les débuts de la militarisation. La Généralité était perdue, du moins en ce qui nous concernait. Il restait la guerre à gagner sans doute, mais c’était la révolution qui nous intéressait. » (Red Spanish Notebook, 1937)

« Si le groupe surréaliste avait vraiment démérité, Péret l’aurait abandonné sans regret », écrit Monsieur Duwa. C’est possible, cela ne s’est pas produit. Mais l’affirmer comme un contre-exemple comme Monsieur Duwa le fait ici sans précaution et brutalement, c’est totalement méconnaître ce qui rapprochait Péret et Breton.

* * *

Sur la quarantaine d’articles et notes de lecture publiés sur Benjamin Péret l’astre noir du surréalisme, la note de lecture de Monsieur Duwa est la seule à être négative. C’est son droit. Il est vrai aussi que je consacre l’essentiel du livre à situer l’itinéraire poétique et politique de Péret dans les enjeux utopiques du surréalisme. Utopie, politique, révolution, critique sociale, ce n’est peut-être pas la tasse de thé de Monsieur Duwa.

Pourquoi je m’étend ici sur cette note de lecture et sur Monsieur Duwa en particulier ?

Ce n’est pas parce que Monsieur Duwa n’apporte aucun argument justifiant ses critiques (il faut le croire visiblement sur parole), mais parce qu’il trompe ses lecteurs en omettant de préciser qu’il est partie prenante du sujet et que sa critique est partisane : Monsieur Duwa est en effet un des animateurs de l’Association des Amis de Benjamin Péret et un des animateurs des Cahiers Benjamin Péret publié par cette association… Une information qu’il s’est bien gardé de communiquer aux lecteurs.

Barthélémy Schwartz,
7 décembre 2017