Glob créatif de Barthélémy Schwartz

Posts Tagged ‘Jean Tinguely

ABC d’art d’économie mixte (5/10)


(publié dans le Bathyscaphe n°7 (automne 2011, Québec)

tags : surréalisme – Nouveaux réalistes – Après guerre – André Breton – Yves Klein – Pierre Restany – Jean Tinguely

Surréalisme et art
d’économie mixte après la guerre

En ce temps-là
La terre avait la forme
d’un sabot de cheval
Et le r
este était à l’avenant
Benjamin Péret  [1]

Dans cette chronique bathyscaphandrienne, j’appelle « art d’économie mixte » ce qu’on appelle communément l’art contemporain. Pourquoi ? parce que cet art est justement contemporain de la société d’économie mixte qui s’est imposée après la guerre, produit hybride du marché privé et de l’ État. Il n’en est pas seulement « contemporain », il y trouve ses principaux traits distinctifs.

Avec l’art d’économie mixte, le réalisme en art a connu un retour remarqué sous la forme, inédite et paradoxale, d’un rejet de la peinture de chevalet. La réalité vécue imprégnait désormais les pratiques artistiques et débordait de toute part l’étroitesse de la toile et du pinceau. C’était la conception même d’un art qui passerait encore par la peinture que les jeunes artistes rejetaient, et avec lui l’héritage d’un art moderne qui avait été pour l’essentiel visuel et pictural. Jackson Pollock se faisait connaître par l’« action painting » – l’art dans l’action du geste, l’art entrain de se faire. Lire le reste de cette entrée »

Written by barthelemybs

21 novembre 2011 at 14:22

Maurice Fréchuret : La machine à peindre


(publié dans la Comète d’Ab irato, 1994)

La parution de La machine à peindre de Maurice Fréchuret est l’occasion de proposer ici un regard différent sur l’art contemporain. Cet ouvrage ne révolutionne pas le mode de lecture des œuvres d’art, mais il permet d’insister sur les limites d’une critique et d’un art produits d’une gestion consensuelle de la société qui s’achève : celle de la société d’économie mixte.

Avant-garde et économie mixte

Comme le fait très justement remarquer Rainer Rochlitz (Subvention et subversion), « après avoir été boudé comme une insulte organisée pendant la première moitié du XXe siècle, l’art contemporain est revendiqué après la seconde guerre mondiale par les patrimoines nationaux et accueilli en pompe dans des lieux d’exposition publics. Cette intégration de l’art subversif présente quelques analogies avec la pacification des conflits sociaux par l’état providence. Quelle que soit leur insuffisance, les subventions accordées à la création, à l’échelle municipale, régionale, nationale et internationale sont l’équivalent des “acquis sociaux” de l’après-guerre et fluctuent au même rythme qu’eux » (1). A la société consensuelle d’économie mixte qui succède à la guerre et à la crise, correspond un art du consensus, dont les effets se poursuivent jusqu’à aujourd’hui. Cet art qui apparaît avec la société d’économie mixte, on l’appellera ici un art d’économie mixte. Il commence avec la fin de l’expressionnisme abstrait américain à la fin des années 50, et prend fin actuellement avec la crise de la société d’économie mixte.

Lire le reste de cette entrée »

%d blogueurs aiment cette page :