Glob créatif de Barthélémy Schwartz

Posts Tagged ‘Front populaire

(postface) Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée (éd. Agone, 2013)


Le texte « Juin 36, l’envers du décor » publié en 1999 dans la revue Oiseau-tempête, plusieurs fois repris sur les sites internet, a été repris dans la réédition de Front populaire, révolution manquée aux éditions Agone sous la direction de Charles Jacquier qui en a écrit la préface.

couverture
Daniel Guérin

Front populaire, révolution manquée
Parution : 22/10/2013
ISBN : 9782748901733
504 pages (12 X 21 cm) 25.00 €
  • Nouvelle édition
    Avant-propos de Charles Jacquier
    Préface de Barthélémy Schwartz

«À travers tout le pays, les travailleurs étaient en grève, et ils occupaient les usines. Ils avaient trouvé une nouvelle forme d’action directe : la grève sur le tas. Ils l’avaient choisie eux-mêmes, en dehors et contre la bureaucratie syndicale, parce qu’ils estimaient à juste titre que ce moyen de pression serait plus sensible aux capitalistes que les simples grèves d’antan ” dans le calme et la dignité ”. Au lendemain du 1er mai, passant aux actes, les ouvriers de l’usine Bréguet, au Havre, avaient occupé les ateliers. Latécoère à Toulouse, Bloch à Courbevoie avaient suivi l’exemple. Le mouvement avait pris très vite le caractère d’une vague de fond. Le pays que Blum s’apprêtait à gouverner n’était déjà plus celui qui, quelques semaines plus tôt, avait porté le Front populaire au pouvoir. Le rapport des forces sociales était renversé. Cette grève générale avait surgi spontanément de la conscience ouvrière et elle avait des mobiles élémentaires : la crise économique et les décrets-lois déflationnistes qui avaient durement frappé une partie des salariés. L’unité syndicale enfin scellée, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement populaire ouvraient aux masses paupérisées la perspective d’un changement radical.»

Accéder à la notice de ce livre sur la page des éditions Agone :
http://agone.org/memoiressociales/frontpopulairerevolutionmanquee/

Juin 36 : l’envers du décor (OT n°2, 1997)


(Publié dans Oiseau-tempête n°2, 1997)

ot

Alors que Mai 68 est resté dans la mémoire sociale comme un mouvement social réprimé de façon combinée pafp-300r le patronat, l’État, les partis de gauche et les syndicats, celle-ci n’a retenu des grèves de mai-juin 36 que les « acquis sociaux » du Front populaire. Pourtant, ceux-ci n’ont été que les concessions nécessaires du gouvernement de Blum à la répression du plus grand mouvement social de l’entre-deux guerres. La réédition de Front populaire, révolution manquée de Daniel Guérin (1) est l’occasion de revenir sur cette période, qui par bien des aspects est proche de la nôtre. Si le rôle joué par le PC (2) étonnera peu (le mot historique de Thorez, « Il faut savoir terminer une grève », est resté dans les annales de police sociale), celui des socialistes est moins connu. Au-delà de l’action des partis de gauche et des syndicats, les évènements de mai-juin 1936 nous rappellent qu’en matière de répression sociale, on n’est jamais mieux servi que par ceux qui nous représentent et parlent en notre nom, du moins tant que la règle du jeu n’aura pas été changée.

Le mouvement des occupations est apparu de façon spontanée, prenant au dépourvu aussi bien le patronat, le gouvernement que les syndicats et les partis de gauche : « Le mouvement s’est déclenché sans qu’on sût exactement comment et où. » (Jouhaux, secrétaire général de la CGT. (3) Quelle a été l’attitude du patronat, de l’État et des syndicats pour faire cesser les occupations en juin 36 ? (4)

Lire la suite »

Written by barthelemybs

26 janvier 2009 at 11:35

%d blogueurs aiment cette page :