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C’est tellement extraordinaire d’être ici ! il me semble que je revis !


Comme de nombreux militants en France, en Europe ou encore en Amérique, ayant quitté leur emploi pour rejoindre l’Espagne, Benjamin Péret était parti à Barcelone attiré par une révolution qui allait passionner toute une génération de militants, et dont un grand nombre seraient tués.

« C’est tellement extraordinaire d’être ici ! il me semble que je revis ! » confiait-il à une amie, Mary Low, également surréaliste et trotskiste, rencontrée en Espagne. L’émerveillement de Péret, sa joie de vivre, ou plutôt de revivre, étaient partagés par tous ceux que la jeune femme rencontrait.

Tel ce Belge : « J’ai quitté mon travail, j’ai tout laissé tomber. N’est-ce pas merveilleux qu’une telle chose arrive et nous donne une nouvelle chance dans la vie ? »

Ou encore ce Français : « C’est merveilleux que cela arrive alors que nous sommes encore en vie ! Je veux dire, n’est-ce pas merveilleux que cela arrive dans ce monde où nous vivons ? Je travaillais dans un bureau et maintenant je pars pour quelque chose de vraiment réel. » Ce qui était, la veille encore, la normalité sociale était soudainement frappé d’anachronisme.

Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme (Barthélémy Schwartz) // Les éditions Libertalia

 

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(postface) Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée (éd. Agone, 2013)


Le texte « Juin 36, l’envers du décor » publié en 1999 dans la revue Oiseau-tempête, plusieurs fois repris sur les sites internet, a été repris dans la réédition de Front populaire, révolution manquée aux éditions Agone sous la direction de Charles Jacquier qui en a écrit la préface.

couverture
Daniel Guérin

Front populaire, révolution manquée
Parution : 22/10/2013
ISBN : 9782748901733
504 pages (12 X 21 cm) 25.00 €
  • Nouvelle édition
    Avant-propos de Charles Jacquier
    Préface de Barthélémy Schwartz

«À travers tout le pays, les travailleurs étaient en grève, et ils occupaient les usines. Ils avaient trouvé une nouvelle forme d’action directe : la grève sur le tas. Ils l’avaient choisie eux-mêmes, en dehors et contre la bureaucratie syndicale, parce qu’ils estimaient à juste titre que ce moyen de pression serait plus sensible aux capitalistes que les simples grèves d’antan ” dans le calme et la dignité ”. Au lendemain du 1er mai, passant aux actes, les ouvriers de l’usine Bréguet, au Havre, avaient occupé les ateliers. Latécoère à Toulouse, Bloch à Courbevoie avaient suivi l’exemple. Le mouvement avait pris très vite le caractère d’une vague de fond. Le pays que Blum s’apprêtait à gouverner n’était déjà plus celui qui, quelques semaines plus tôt, avait porté le Front populaire au pouvoir. Le rapport des forces sociales était renversé. Cette grève générale avait surgi spontanément de la conscience ouvrière et elle avait des mobiles élémentaires : la crise économique et les décrets-lois déflationnistes qui avaient durement frappé une partie des salariés. L’unité syndicale enfin scellée, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement populaire ouvraient aux masses paupérisées la perspective d’un changement radical.»

Accéder à la notice de ce livre sur la page des éditions Agone :
http://agone.org/memoiressociales/frontpopulairerevolutionmanquee/