Glob créatif de Barthélémy Schwartz

Archive for the ‘Bathyscaphe (Québec)’ Category

ABC d’Art d’économie mixte (1)


Ce texte a préalablement été publié dans la revue Le Bathyscaphe n°2 (2008).

On parlera ici d’art d’économie mixte plutôt que d’art contemporain. Au moins, l’ancien cherchait à être moderne, pas seulement contemporain ! Par art d’économie mixte, on entendra l’art du long cycle du capitalisme d’économie mixte qui a émergé à partir des années 1950 et s’enlise dans la crise aujourd’hui.

« Je ne crois pas à cette idée de l’artiste contemporain comme parasite, expliquait il y a quelques années le critique d’art Nicolas Bourriaud, Le parasite n’utilise pas l’organisme dans lequel il est introduit, il ne fait que s’en nourrir. Ce n’est pas le cas des artistes actuels :eux sont dans l’ordre du maniement, de la manipulation des signes, plus que dans une problématique du parasitage. Qui dit parasitage dit besoin et envie de nuire. Or là, il n’y a pas de nuisance : c’est juste une façon particulière de se servir des formes pour produire quelque chose d’autre (1). » Lire le reste de cette entrée »

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12 mai 2014 at 11:39

Publié dans Bathyscaphe (Québec)

Benjamin Péret, le surréaliste aux belles cravates (1)


(publié dans le Bathyscaphe n°8 (automne 2012, Québec)

tags : surréalisme – Benjamin Péret

Portraits croisésLE-BATHYSCAPHE-N8

Un temps à ne pas mettre
une puce sur la soutane d’un curé

Benjamin Péret  [1]

 Selon l’avis de son ami Michel Zimbacca, le poète surréaliste Benjamin Péret était « grand et costaud. » « Pas si grand » tempère Jean-Claude Tertrais : « 1m70 sans doute, mais voûté. » Son rire était franc. Alain Joubert se rappelle encore ses éclats sonores lors des jeux collectifs de cadavre exquis. Mais Péret étaient aussi l’homme des grosses plaisanteries. Jeune  dadaïste, c’est lui qui avait affolé la mère de Jean Cocteau en lui annonçant par téléphone que son poète de fils était mort.

Claude Courtot rapporte cette anecdote des années 1950 : « À la campagne, à neuf heures du soir, Péret décide tout à coup et de façon péremptoire qu’étant donné la pleine lune, il faut aller faire des provisions pour le lendemain dans les champs des paysans voisins qu’il déteste autant que les commerçants, les flics, les curés et les staliniens ; il se livre alors à un pillage en règle dans une culture d’artichauts dont il rapporte un fort grand nombre et qu’il étale à son retour, par rang de taille sur une table, en riant formidablement (2). » Lire le reste de cette entrée »

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16 janvier 2013 at 14:55

ABC d’art d’économie mixte (5/10)


(publié dans le Bathyscaphe n°7 (automne 2011, Québec)

tags : surréalisme – Nouveaux réalistes – Après guerre – André Breton – Yves Klein – Pierre Restany – Jean Tinguely

Surréalisme et art
d’économie mixte après la guerre

En ce temps-là
La terre avait la forme
d’un sabot de cheval
Et le r
este était à l’avenant
Benjamin Péret  [1]

Dans cette chronique bathyscaphandrienne, j’appelle « art d’économie mixte » ce qu’on appelle communément l’art contemporain. Pourquoi ? parce que cet art est justement contemporain de la société d’économie mixte qui s’est imposée après la guerre, produit hybride du marché privé et de l’ État. Il n’en est pas seulement « contemporain », il y trouve ses principaux traits distinctifs.

Avec l’art d’économie mixte, le réalisme en art a connu un retour remarqué sous la forme, inédite et paradoxale, d’un rejet de la peinture de chevalet. La réalité vécue imprégnait désormais les pratiques artistiques et débordait de toute part l’étroitesse de la toile et du pinceau. C’était la conception même d’un art qui passerait encore par la peinture que les jeunes artistes rejetaient, et avec lui l’héritage d’un art moderne qui avait été pour l’essentiel visuel et pictural. Jackson Pollock se faisait connaître par l’« action painting » – l’art dans l’action du geste, l’art entrain de se faire. Lire le reste de cette entrée »

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21 novembre 2011 at 14:22

Pendant ce temps là, à bord du Bathyscaphe (1)


(publié dans le Bathyscaphe n°6 (hiver 2010, Québec)

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10 décembre 2010 at 17:03

Publié dans Bathyscaphe (Québec)

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ABC d’art d’économie mixte (4/10)


(publié dans le Bathyscaphe n°5 (printemps 2010, Québec)

tags : urbanisme unitaire – Internationale situationniste – art d’économie mixte – art contemporain – vie quotidienne – réalité construite

Construction de situations

L’idée de construction de situation était déjà dans l’air quand, à la fin des années cinquante, l’Internationale situationniste théorisait l’« urbanisme unitaire » et le concept de « situation construite ». À la même époque, influencés par Marcel Duchamp, Raoul Hausmann ou John Cage, des artistes cherchaient l’art « hors les murs » autour d’expériences comme la poésie sonore, le happening, l’assemblage, comme Fluxus, entre autres (1). Ces différentes expériences ont contribué à modifier le rapport des artistes à la vie quotidienne, en bouleversant les conventions de représentation, de mise en scène et de périmètre artistique. L’art d’économie mixte lui-même en a été affecté. Aujourd’hui, des artistes contemporains travaillent à la réalisation de véritable unités de réalité construite. Lire le reste de cette entrée »

ABC d’art d’économie mixte (3/10)


(publié dans le Bathyscaphen°4 (printemps 2009, Québec)

tags : Daniel Buren – Simon Hantaï – Michel Parmentier – BMPT

Hasard et inconscient

Le hasard a une place prépondérante dans l’art d’économie mixte. Il a accompagné la déconsidération croissante, après la guerre, pour les approches artistiques fondée sur l’inconscient et la subjectivité (deux valeurs liées à l’art moderne avant-gardiste). En art d’économie mixte, l’inconscient prend la forme réductrice de l’objectivité du hasard. On valorise la dé-subjectivité de l’artiste, son irresponsabilité dans le processus créatif, et pour certains la tyrannie du hasard – un hasard sensé soulager l’artiste du poids de la responsabilité de devoir choisir et décider, le hasard comme soulagement dans un monde fondée sur l’intégration. C’est ce qu’exprimait à sa manière le pop-artiste Roy Lichtenstein : « La génération précédente cherchait à atteindre son subconscient alors que les artistes pop cherchent à se distancier de leurs œuvres. Je veux que mon œuvre ait l’air programmée et impersonnelle… (1) »

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Written by barthelemybs

24 juin 2009 at 11:39

ABC d’art d’économie mixte (2/10)


(publié dans le Bathyscaphen°3 (hiver 2008, Québec)

tags : réalisme – Kossuth – art conceptuel – agencement d’objet – rapport social – intégration

Du réalisme en art

Les artistes d’économie mixte ne se reconnaissent pas dans l’appellation « réaliste », parce que celle-ci renvoie aux limites d’un genre déjà critiqué par l’art moderne avant-gardiste, et parce qu’elle a été associée, dans l’immédiat après-guerre, à la « vieillerie » artistique. Pourtant, à partir de la fin des années cinquante avec l’arrivée qualitative, et quantitativement soutenue, des artistes du pop art, du nouveau-réalisme, de l’arte povera, etc., c’est bien le réalisme comme objet et sujet de l’art qui a envahi la sphère artistique sans rencontrer de véritable résistance. Le réalisme de l’art moderne avait donné naissance son antagonisme : l’abstraction, avec l’art d’économie mixte, le réalisme ne s’oppose plus à l’abstraction : par le principe de l’agencement des objets et de leur mise en scène, réalisme et abstraction se sont réconciliés.

Une manière nouvelle d’aborder la question du réalisme en art s’imposait après la guerre que résume, par sa concision, One and three chair (1965) de l’artiste conceptuel Joseph Kossuth. Avec cet œuvre, il exposait simultanément la photographie de très grand format d’une chaise, l’agrandissement de la définition d’une chaise établie par un dictionnaire, l’ensemble étant positionné à côté d’une vraie chaise. Il s’agissait pour Kossuth de souligner combien la simple photographie d’une chaise ne suffisait pas à rendre compte de ce qu’était vraiment cet objet, pas plus que la définition du dictionnaire ou la seule présence de l’objet lui-même. C’est par la mise en réseau des différentes pièces à conviction (l’objet lui-même, sa définition académique, sa représentation objective), exposées conjointement, que l’artiste tentait d’approcher d’une représentation réaliste d’une chaise. On n’était plus ici dans la tradition de l’art moderne, mais dans une conception sociologique du réalisme en art. Les artistes devenaient sociologues et s’ancraient dans des disciplines à explorer. Avant l’art d’économie mixte, il y avait des peintres, on disait les « peintres « impressionnistes », désormais il y avait des artistes, on disait les artistes « conceptuels », du « pop art » ou du « land art ».

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