Glob créatif de Barthélémy Schwartz

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Benjamin Péret l’astre noir du surréalisme / Blog Entre les lignes entre les mots (30 juin 2017)


Je ne mange pas de ce pain-là

Certains sont encensés, d’autres oubliés. Derrière la popularité des uns, une dose de nationalisme (dans une puissance coloniale et impérialiste), un engagement douteux du coté du stalinisme. Je n’ai pas besoin de citer de nom, chacun-e trouvera facilement…

Laissons cela. Place à un astre noir, un révolutionnaire engagé, un poète, un surréaliste, un qui a su rester debout lorsqu’il était minuit dans le siècle, un anticolonialiste… Benjamin Péret.

Si je ne me souviens que peu de mes lectures de l’adolescence et comme jeune adulte, le surréalisme reste une trace indélébile. J’ai retrouvé Benjamin Peret lorsque je me suis intéressé à la révolution espagnole, aux mythes et légendes…

Barthélémy Schwartz nous propose des analyses approfondies de l’engagement poétique et politique de Benjamin Péret.

Comme un chemin parcouru en rêverie ou souvenir, quelques regards subjectifs, plutôt qu’une analyse du livre.

Dada, l’orchestration du chaos, « de tous les taillis le mot liberté s’échappait avec le parfum des aubépines », l’exaltation de la révolte et de l’insoumission, l’imaginaire surréaliste, les sommeils, l’écriture automatique, « presque un avant-goût de la vie authentique ».

L’auteur indique : « Benjamin Péret a saisi très tôt l’apport émancipateur de l’automatisme dès lors qu’il était associé à une perspective de libération sociale ».

La Mexique, la rage, l’anticléricalisme, les fortes charges sociales et politiques, la poésie comme convergence entre utopie, résignation et colère, l’enchantement ouvert, « l’orthographe ressemble à un champignon roulé dans la farine… », le cheminement de l’humour et de la colère, « le rire est son moyen d’intrusion par effraction », les grimaces des cafards, les jeux de saute-mouton avec les mots, les marges de l’espace-temps géopolitique…

Barthélémy Schwartz analyse l’engagement politique de Benjamin Péret. (Contrairement à ce qu’écrit l’auteur, il n’y a pas eu de PC en France mais bien un PCF, le F dans une puissance impérialiste et colonialiste – comme déjà indiqué – ayant un sens pour le moins mal-odorant). Un engagement fort du coté de l’émancipation, un engagement direct dans la révolution espagnole du coté du POUM et du bataillon Nestor-Makno de la colonne Durruti, « La poésie rejaillissait aux avant-postes de la vie retrouvée », les « canailleries des staliniens » dans l’Etat espagnol, l’anticolonialisme, la Fédération internationale de l’art révolutionnaire, « Des vols de perroquets traversent ma tête quand je te vois de profil »…

Les poules jouant de la guitare, les coqs du piano, l’empreinte de la barbarie dans la culture, les cultures « anciennes », la critique du progrès, ce qu’il y a de toujours vivant, le Brésil, l’avenir du passé, le papillon de la légende, la beauté convulsive, l’ordre du désordre, le hasard objectif, l’esquisse éphémère, « la tragédie de l’espoir se fracassant dans la nécessité », le rapport social au langage, le devenir de toutes et tous, la soif du révolté, « je suis à peine entre les pavés des prochaines barricades », un astre noir…

« Grâce à des hommes comme Péret, la nuit du siècle n’est pas absolue » – Octavio Paz.

Didier Epsztajn
30 juin 2017

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Written by barthelemybs

30 juin 2017 at 16:00

Presse Océan (7 mai 2017)

Written by barthelemybs

6 juin 2017 at 14:00

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