Glob créatif de Barthélémy Schwartz

C’est tellement extraordinaire d’être ici ! il me semble que je revis !

Comme de nombreux militants en France, en Europe ou encore en Amérique, ayant quitté leur emploi pour rejoindre l’Espagne, Benjamin Péret était parti à Barcelone attiré par une révolution qui allait passionner toute une génération de militants, et dont un grand nombre seraient tués.

« C’est tellement extraordinaire d’être ici ! il me semble que je revis ! » confiait-il à une amie, Mary Low, également surréaliste et trotskiste, rencontrée en Espagne. L’émerveillement de Péret, sa joie de vivre, ou plutôt de revivre, étaient partagés par tous ceux que la jeune femme rencontrait.

Tel ce Belge : « J’ai quitté mon travail, j’ai tout laissé tomber. N’est-ce pas merveilleux qu’une telle chose arrive et nous donne une nouvelle chance dans la vie ? »

Ou encore ce Français : « C’est merveilleux que cela arrive alors que nous sommes encore en vie ! Je veux dire, n’est-ce pas merveilleux que cela arrive dans ce monde où nous vivons ? Je travaillais dans un bureau et maintenant je pars pour quelque chose de vraiment réel. » Ce qui était, la veille encore, la normalité sociale était soudainement frappé d’anachronisme.

Benjamin Péret, l’astre noir du surréalisme (Barthélémy Schwartz) // Les éditions Libertalia

 

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