Articles Tagués ‘surréalisme’
Magritte théoricien de la bande dessinée ?
René Magritte est sans doute un grand théoricien par défaut du langage de la bande dessinée. Bien sûr, comme Pierre Alechinsky, le peintre surréaliste ne se souciait pas de bande dessinée dans ses créations. Il s’intéressait à Fantomas, comme la plupart des surréalistes belges, mais rien n’indique qu’il lisait des bandes dessinées. Hergé n’est pas cité dans sa correspondance. Pourtant ses explorations langagières (rapport d’images, rapport image / texte) sont toujours une source d’étonnement. Vu sous cet angle, Magritte va très loin, très au-delà des limites que les dessinateurs de bande dessinée osent franchir habituellement. Car c’est peut être cela qui a toujours manqué en bande dessinée, une aventure, des risques à prendre.
Si Alechinsky a une approche essentiellement poétique et picturale, chez Magritte l’important c’est la théorie des images : le rapport au sens et la déstabilisation de la représentation du réel. L’homme au chapeau (1928) ; La clef des songes (1930) ; Le symbole dissimulé (1928) ; Les 8 éléments (1928) ; L’espoir (1928) ; L’arc en ciel (1948), sont autant d’explorations magrittiennes (par défaut) de la bande dessinée. deux-trois exemples ci-dessous.
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Avant garde et économie mixte
(publié dans la brochure Un art d’économie mixte, Ab irato, 1997)
Les avant-gardes d’art d’économie mixte
Succédanées de la conception bolchevique et autoritaire de l’organisation, les avant-gardes artistiques radicales ont eu leurs heures de gloire entre les deux guerres, mais se sont prolongées jusque dans les années 50-60. Elles ont eu leur “période héroïque” du temps des surréalistes qui ont dans les années 30 ignoré les critiques marxistes et anarchistes du bolchevisme, préférant Trotsky à Pannekoek. Elles ont eu leur “période malheureuse” après la seconde guerre mondiale du temps des situationnistes, contraints dans les années 60 à s’affirmer comme une avant-garde qui renoncerait à ses prérogatives d’avant-garde .
Simulacre d’avant-garde
(publié dans la brochure Un art d’économie mixte, Ab irato, 1997)
Un itinéraire exemplaire : celui de Mister Home
Né en 1962 en Angleterre, Mister Home est un écrivain qui a écrit plusieurs romans. Après avoir participé au néoisme, mouvement informel et mou originaire des États-Unis qui faisait de la négation de l’art sans contestation sociale, sorte de “situationnisme” à l’américaine combiné de sous-fluxus, mais auquel il a essayé d’apporter un peu de critique sociale, Mister Home a lancé plusieurs “festivals du plagiat”. En 1988, il publie The assault on culture, histoire documentée mais extrêmement brève des avant-gardes artistiques radicales depuis la seconde guerre mondiale (Cobra, le Lettrisme, l’Internationale Lettriste, l’Internationale situationniste, le premier Fluxus, Gustav Metzger, le mouvement provo à Amsterdam, Motherfuckers, etc.).(1) La principale faiblesse de cet essai venait d’une part de l’occultation volontaire et exagérée de l’influence du surréalisme sur une partie de ces groupes, et d’autre part d’une très fâcheuse propension de l’auteur à se servir de l’histoire de ces avant-gardes pour glorifier son propre itinéraire et l’historiser.
De la subversion de la société par l’art, à la subvention de l’art par la société
(publié dans Le Monde Libertaire, Hors série n°4, juillet-août 1995)
On ne peut comprendre l’art d’aujourd’hui sans revenir un moment sur l’art de la première moitié du siècle. Les avant-gardes des années 1920 et 1930, et les philosophies de l’art et de l’histoire qu’elles exprimaient, faisaient d’une part fusionner la finalité artistique et la finalité révolutionnaire, l’idée était qu’il ne pouvait y avoir de réalisation de l’art sans suppression du capitalisme ; et d’autre part, intégraient dans la formation du langage artistique l’importance de l’expression inconsciente. Poussé par la révolution russe et son attraction, l’art de la première moitié du siècle (Dada, surréalisme, expressionnisme allemand…) était en rupture avec la gestion capitaliste de la société, il était donc également en rupture avec l’ensemble des valeurs de la bourgeoisie. Il valorisait l’importance de la psychanalyse comme instrument de connaissance, et ne considérait pas l’artiste comme un héros ou un génie. L’art devait être fait par tous, car n’étant qu’affaire d’expression il devait être l’affaire de tous. Quand Marcel Duchamp introduisait en 1917 une pissotière dans une exposition d’œuvres d’art, il n’avait pas à l’esprit que celle-ci était une œuvre d’art, il remettait en question, par cette provocation, la culture élitiste de son époque. Pour mémoire, cinq ans auparavant, Apollinaire, introduisait des commentaires de la vie quotidienne dans la poésie (“Les directeurs les ouvriers et les belles sténodactylographes, du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent”, Zone). On attendait enfin de la révolution sociale qu’elle donne à tous les moyens matériels de se consacrer à la poésie.
“Changer la vie”, “transformer le monde”, Les deux problèmes du surréalisme
(publié dans Le Monde libertaire, 11-17 avril 2002)
La conception surréaliste des rapports de l’art et de la politique a été exprimée par André Breton dans Position politique du surréalisme (1935). Elle a été élaborée lors des tentatives d’action commune des surréalistes avec le parti communiste, dans la perspective de trouver un moyen d’agir avec lui dans le domaine de la culture et de la vie quotidienne. S’illusionnant sur la nature du parti, les surréalistes ont affronté la question de l’art et de la politique à partir des limites autoritaires imposées par les communistes (l’intellectuel comme spécialiste au service du parti, etc.). Les « positions politiques du surréalisme » ont été, ainsi, avant tout des solutions élaborées par les surréalistes pour faire accepter leur autonomie créative par le parti communiste, en tenant compte du fait majeur que l’exploration surréaliste du monde ne devait pas empiéter sur les choix politiques du parti. Changer la vie (l’exploration poétique du monde) et transformer le monde (l’action sociale) sont devenus les deux « problèmes » du surréalisme alors qu’à l’origine il était question de faire la révolution surréaliste du monde. (1)
Dérive dans le XIIIe arrondissement de Paris, samedi 28 juin 1997
(inédit, 1997)
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Prélude
Coup de téléphone à Marie-Dominique Massoni pour déterminer au hasard l’arrondissement que j’aurai à explorer samedi 28 juin entre 16 h et minuit : c’est le XIIIe qui est choisi. Rapide coup d’œil sur la XIIIe
lame du tarot de Marseille, puisque j’ai cru comprendre qu’il y avait un lien entre le jeu des arrondissements et celui du Tarot : la XIIIe lame, c’est la Mort.. Très engageant. Coup de téléphone de Charles R., sans relation avec le projet de dérive : peut-on se rencontrer ce week-end ? Seul moment de libre, celui de la dérive, à 18 heures. Le rendez-vous sera donc ma pause-dérive. Lieu de rencontre : “Porte de Choisy, au café tabac près de la boucherie Phnom Penh”…







