Magritte théoricien de la bande dessinée ?
René Magritte est sans doute un grand théoricien par défaut du langage de la bande dessinée. Bien sûr, comme Pierre Alechinsky, le peintre surréaliste ne se souciait pas de bande dessinée dans ses créations. Il s’intéressait à Fantomas, comme la plupart des surréalistes belges, mais rien n’indique qu’il lisait des bandes dessinées. Hergé n’est pas cité dans sa correspondance. Pourtant ses explorations langagières (rapport d’images, rapport image / texte) sont toujours une source d’étonnement. Vu sous cet angle, Magritte va très loin, très au-delà des limites que les dessinateurs de bande dessinée osent franchir habituellement. Car c’est peut être cela qui a toujours manqué en bande dessinée, une aventure, des risques à prendre.
Si Alechinsky a une approche essentiellement poétique et picturale, chez Magritte l’important c’est la théorie des images : le rapport au sens et la déstabilisation de la représentation du réel. L’homme au chapeau (1928) ; La clef des songes (1930) ; Le symbole dissimulé (1928) ; Les 8 éléments (1928) ; L’espoir (1928) ; L’arc en ciel (1948), sont autant d’explorations magrittiennes (par défaut) de la bande dessinée. deux-trois exemples ci-dessous.
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